Il est un témoin privilégié de l’arrivée de la Réformation dans le Pays de Gex. Les guerres de religion faisant rage, Bernard Bluet s’est vu rapidement investi d’honorer une mission que Dieu lui aurait donnée. Fils de pauvres paysans, il se voyait également suivre les rois et princes de ce monde. Fou, il était un visionnaire. Bluet d’Arbère devient bouffon du Duc Charles-Emmanuel de Savoie et interpréte ses rêves, digne des descriptions de l’Apocalypse. « Messire de Bluet est alors Comte de Permission, chevalier des ligues des treize cantons suisses » et suit le Duc de Savoie au Piémont, à Alexandrie, à Asti et Turin.
A Paris, il cherche les bonnes grâces d’Henri IV et y imprime ses visions et ses prophéties, sous sa dictée, ne sachant ni lire ni écrire. En tout, il est « auteur » de 180 livrets. En 1606, la peste ravage Paris. Bluet d’Arbère jeûne dix jours durant pour implorer la clémence divine. Il meurt dans le cimetière Saint-Etienne, en haut de la montagne de Saint-Geneviève.